RADIOTEPEE

En Janvier
bientôt d'autres concerts de musique du monde entier prêtés par le Centre du Patrimoine de la Facture Instrumentale.
Ecoutez aussi l'intégrale des 3 chapitres de 
Le monde est rond
en cliquant sur ce lien
 

Les concerts passés :

Capture d’écran 2021-12-19 à 12.11.32.png
19 décembre - 17h
Les Frères Gundecha : aux racines du dhrupad, chant sacré de l'Inde ancienne

Captation live enregistrée lors du festival Les Orientales le 1er juillet 2012 – enregistrement Bernard Poulelaouen / CPFI

 

« Le chant dhrupad représente la plus ancienne tradition musicale classique vivante sur le sous-continent indien. Il puise ses racines dans la déclamation des hymnes védiques. Chanté originellement dans les temples face aux divinités, la technique vocale qu'il mobilise fait rejaillir l'ivresse de l'âme amoureuse et l'exalte.

 

Dhrupad vient du mot dhruva, « structuré », « rigide », et de pada qui signifie « mot ». Depuis près de 600 ans, quoi qu'il ait évolué, le dhrupad demeure ainsi l'une des formes musicales les plus codifiées, dans le strict respect du développement du raga, dans l'adhésion au cycle rythmique taal. Essentiellement vocal, cet art accorde une grande importance à la pureté des notes ; les émotions liées au raga sont élaborées de manière exhaustive, notamment lors de la phase alap au cours de laquelle s'élabore le raga.

 

Cette complexité de la forme et de la présentation, associée à la religiosité de son contenu, a pu le rendre difficile d'accès, et les patrons d'antan (maharajahs et autres sultans) encouragèrent les musiciens à intégrer diverses ornementations. C'est au roi de Gwalior, Raja Man Singh, musicien et grand mécène de l'époque, que revient la paternité du dhrupad tel qu'il existe aujourd'hui.

 

Nés dans les années 60 à Ujjain dans une famille jain, les frères Gundecha figurent sans conteste parmi les plus grands chanteurs de leur génération. Maîtres du dhrupad, Umakant et Ramakant incarnent ainsi la longue tradition de la Dagarvanî, à la fois sobre et majestueuse. Le dhrupad de la gharana Dagarvanî déploie longuement durant l'alap les intervalles qui séparent les notes du raga, insistant sur les notes importantes et étirant les glissandos comme en quête des profondeurs de notre âme.

 

D'abord emmenés vers la musique par leurs parents, les frères Gundecha ne se sont plus quittés, choisissant de se former à Bhopal auprès du célèbre chanteur Ustad Zia Fariduddin Dagar et du grand joueur de surbahar, Ustad Zia Mohiuddin Dagar. Dans une complicité saisissante, le duo évoque tour à tour, ou ensemble, les grands thèmes poétiques hindi des poètes Tulsidas, Kabir, Padmakar ou Nirala. Ils font preuve d'une imagination fertile au cours de leurs improvisations, jusqu'à s'affranchir du formalisme rythmique.

 

Écouter les frères Gunchecha est une véritable expérience acoustique et thérapeutique, au cours de laquelle l'émotion saisissant notre corps reflète l'émoi profond de notre conscience. »

(B. Hermann)

52633032-2071124786341776-1069100119699226624-o-300x200.jpg
12 décembre - 17h
Les Tenores d'Urzulei et Orlando Marcia
Prochaine diffusion : janvier 2022

Chants des bergers et launeddas • Sardaigne

Captation live enregistrée lors du festival Les Orientales le 28 juin 2009 - enregistrement Bernard Poulelaouen / CPFI

 

Voix pastorales et flûtes antiques témoignent du quotidien des villages et de la beauté brute

des montagnes sardes.

Les îles sont le refuge de traditions précieuses. Si on connaît la Sardaigne pour sa civilisation nuragique (IIe et Ier millénaires avant J.-C.), sa culture pastorale a aussi hérité du néolithique (à partir du VIe millénaire avant J.-C.) un instrument antérieur à l’argul de l’Egypte antique et l’aulos de la Grèce archaïque : le launeddas.

Cette flûte constituée de trois cannelles de facture simple exige une dextérité particulière. Son harmonie en évoque une autre, celle des Coro di Tenores. Ces choeurs de bergers, pleinement inspirés par la nature, restituent le sublime environnement de la montagne à travers des textes profanes ou religieux, ou en imitant le son des animaux. Issus de rites chamaniques, ces airs auraient été utilisés pour leurs vertus curatives ; ils seraient bénéfiques pour couronner, en un souffle de vie, les rituels festifs : mariages, bals ou offices religieux...

Orlando Mascia est un des maîtres sonneurs les plus reconnus de Sardaigne et son art ne se limite pas au launeddas... L’ensemble des Tenores di Urzulei, l’un des plus jeunes de l’Ogliastra, présente quant à lui un répertoire païen et dévotionnel, constitutif de la mémoire sarde, qui montre que la tradition pastorale conserve un sens profond dans ce coin de Méditerranée…

Le concert est suivi d’une improvisation collective en compagnie de Ts. Tsogtgerel et G. Nergui, maîtres de l’art du xöömij, chant diphonique de l’Altaï Mongol.
C’est au pied du Mont Jargalant Altaï, à Chandman, dans l’Ouest de la Mongolie, que se perpétue une partie de la tradition du xöömij (chant diphonique mongol). Tserendavaa est l’un des quatre plus grands maîtres actuels de cette technique vocale si singulière. Avec son fils Tsogtgerel âgé de 16 ans, ils interprètent des chants longs urtiin duu, des chants courts bogino duu, des chants épiques tuuli et des louanges magtaal ; par les danses biilge et le sifflement isgere ils nous emmènent au cœur d’une grande tradition des steppes.

377743_157010684453927_1433849521_n.jpg
5 décembre - 17h
Wang Li + Wu Wei
Prochaine diffusion : 27 décembre 2021 à 11 h.
Création live enregistrée lors du festival Les Orientales le 1er juillet 2012 – enregistrement Bernard Poulelaouen / CPFI
WANG LI, guimbardes et flûtes à calebasse   

Né en 1980, Wang Li est élevé dans l’environnement strict d’un complexe résidentiel de l’armée populaire chinoise ; il suit des études supérieures tout en jouant de la contrebasse dans des orchestres influencés par la musique occidentale. Après ses études, il choisit l’exil vers la France. Après quelques années d’une vie austère, il trouve sa voie en faisant d’une guimbarde rapportée de son pays son instrument de prédilection et étudie le jazz au Conservatoire de Paris. Il découvre les nuances infinies que le souffle, le placement de la langue ou les sons de gorges lui apportent. En Chine, il parcourt les montagnes pour rencontrer les rares musiciens qui pratiquent encore la guimbarde et commence à collectionner les instruments. Wang Li joue aussi de la flûte à calebasse, étonnant ancêtre du sheng chinois composé d'un résonateur en calebasse et de tuyaux de bambou pour le jeu ou le bourdon.
Virtuose, il poursuit sa vie de musicien (même si il refuse d’être défini comme tel) marquée par une grande profondeur d’exploration, une variété de fluxs, de rythmes et de timbres complexes jamais gratuits.
https://www.facebook.com/pages/Wang-Li/156813631140299

WU WEI, orgue à bouche sheng
Enfant prodige, né en 1970, Wu Wei apprend le violon chinois dès l'âge de cinq ans et s’initie dix ans plus tard au sheng, un orgue à bouche vieux de 3000 ans, avant de devenir lauréat de plusieurs concours nationaux et internationaux puis soliste de l'Orchestre de Musique Classique Chinoise de Shanghai.
Impliqué dans de nombreux projets de musique contemporaine et improvisée aux côtés de multiples orchestres, aussi bien que jazz ou éléctronique (Berlin Philharmonic Orchestra, Los Angeles Philharmonic Orchestra, Brandenburg Symphony Orchestra…, Wang Li, Pascal Contet), Wu Wei développe un nouveau langage sonore à partir des instruments anciens chinois et ouvre de nouveaux souffles dans la musique actuelle en expérimentant avec bonheur son propre langage musical. Avec le Sheng, il explore une variété de son soufflés, grattés, percussifs d’une extraordinaire richesse.
http://www.wuweimusic.com/